mercredi 19 janvier 2011

l'avis de Paul sur le thème: l'homme doit-il dominer la nature?

Voici pour tous, un avis d'un passionné de liberté et amateur de philosophie à ses heures (de repos).
Comme Paul, tous les citoyens désirant échanger et faire passer leurs idées sont invités à nous écrire à l'adresse: cafephilo2010@gmail.com
Les propositions seront publiées sur le blog pour partager avec le plus grand nombre d'amateurs.
L’homme doit-il dominer la nature ?
Contribution de Paul CASALONGA
16.01.2011

Je préfère poser la question en d’autres termes :

L’Humanité peut-elle dominer la Nature ?

Mise en équation, avec H = Humanité et N = Nature, on a le choix entre :
H > N ?
H < N ?
H = N ?
En ce qui me concerne la réponse est :
H + N = ∞
Autrement dit, quand l’Humanité s’allie à la Nature, le résultat est infini et pérenne.

L’Humain (homo sapiens sapiens) ne peut pas plus dominer la nature que l’homme (vir) n’a pu dominer la Femme, malgré toutes ses tentatives d’oppression. Et, comme l’homme n’est rien sans la femme, l’Humain n’est rien sans la Nature.

Le défi que notre espèce doit relever n’est pas de dominer la nature (toute domination finit par générer une révolution) ni même de la domestiquer, mais plutôt de l’apprivoiser, ce qui nécessite amour et respect.

Or, respecter et aimer une femme, pour moi, cela ne consiste pas à la regarder langoureusement ou encore moins de la violer, mais c’est de s’unir à elle, dans un désir et un plaisir réciproque, pour vivre ensemble en harmonie, pour engendrer des descendants. De même, respecter et aimer la nature c’est l’écouter, la regarder, la humer, la toucher, la sentir, la caresser, pour engendrer avec elle un environnement plus serein, plus productif et plus pacifié. Car la nature, livrée à elle-même, peut être très cruelle.

Certes, comme dans les couples il y aura des orages, des éclairs, des tempêtes, des heurts, des malentendus, mais chacun sait que, après la pluie vient le beau temps, c’est-à-dire la réconciliation.

Mais, comme l’homme ne doit pas être l’esclave de la femme ni la femme l’esclave de l’homme, l’Humain ne doit pas être l’esclave de la Nature et celle-ci ne doit pas être l’esclave de celui la.

Dans la culture judéo-chrétienne, la nature appartient à l’humain, tandis que dans les cultures animistes l’humain appartient à la nature et que chez les hindouistes humain et nature ne font qu’un. Selon les cas la relation humanité-nature est plus ou moins éloignée de la relation maître/esclave.

Ne pas se prétendre le maître de la nature, cela signifie que l’on ne doit pas lui imposer nos quatre volontés sans tenir compte de ses réactions, de ses possibilités d’assimilation, d’adaptation, de réparation.
Ne pas être esclave de la nature signifie que l’on la modeler à condition de respecter ses lignes de force ; que l’on peut l’aménager ; en tirer sa subsistance et son habitat en se gardant de l’épuiser ; la cultiver ; la gérer.

Mais il ne faut en aucun cas essayer de combattre la Nature, car elle l’emportera toujours, par des réactions brutales ou par la patience. Il ne faut pas perdre de vue que la Nature a des millions d’années, voire des milliards d’années à sa disposition, tandis que nous, les humains, nous ne disposons que de quelques milliers d’années en tant qu’espèce et au maximum d’une centaine d’années en tant qu’individus. Et, si nous pouvons prélever des ressources dans la nature, cela ne peut être que si le prélèvement est inférieur à la capacité de régénération et que si nous sommes capables de réinsérer dans le cycle naturel les déchets que nous produisons.

Nous avons autour de nous de nombreux exemples de créations communes de l’Humanité et de la Nature, par exemple :
- Une forêt se développera d’autant mieux qu’elle sera cultivée au lieu d’être laissée à l’abandon ;
- L’îlot situé dans l’étang de Diana, constitué par l’amas de coquilles d’huîtres rejetées du pont des navires exportant les huîtres corses vers le Latium a été colonisé par la végétation et de la faune, et il est maintenant devenu un élément naturel avec un écosystème équilibré ;
- Les moulins à eau qui ont produit la farine de blé ou de châtaigne et l’huile d’olive qui nous ont nourris n’ont pas perturbé les poissons de nos rivières ;
- L’humus prélevé dans les sous bois de bruyère a enrichi nos jardins sans détruire ces sous bois ;
- Les moulins à vent du Cap Corse, de Balagne et de Bonifacio n’ont pas modifié le climat de la Corse mais ont produit de l’énergie pour moudre le blé ;
- Les châtaigneraies qui nous ont nourris ont été plantées par des humains et ont créé de nouvelles forêts qui n’ont rien à envier aux forêts de chênes verts préexistantes, et encore moins au maquis ;
- Les fermes photovoltaïques, si elles ne sont installées que sur des terrains sans capacité de production agricole, peuvent être parfaitement intégrées dans l’environnement naturel ;
- Les lacs et étangs artificiels ont été colonisés par des oiseaux migrateurs et sédentaires et des poissons qui y ont établi leur niche écologique ;
- Si l’on n’avait pas capté les sources les nappes phréatiques, l’eau emprisonnée dans les failles rocheuses, nous n’aurions pas pu survivre, mais l’on doit aussi veiller à protéger la pureté de ces ressources ;
- Etc.

Par contre certaines réalisations qui ont cru s’affranchir du respect de la nature ont entraîné des dégâts :
- La construction de routes sur remblai parallèle au littoral a rendu inondables et marécageuses d’anciennes zones d’habitat ou de pâturage ou maraîchage (exemple : plaine du Taravo, plaine de Sagone, etc.) ;
- L’imperméabilisation des sols dans des zones urbaines à entraîné des inondations ;
- Les incendies de forêts qui ont privé des zones pentues de leur protection naturelles ont provoqué des crues ou des glissements de terrain dévastateurs ;
- La sur-fréquentation touristique de certains sites a engendré un piétinement fragilisant le système racinaire des arbres et des rejets de déchets non assimilables par l’environnement naturel ;
- Les carrières de pierres non réhabilitées lors de leur fermeture constituent un danger pour les humains et le cheptel ;
- Les rejets de soufre et de particules diverses (oubliées ou volontairement occultées par certains décideurs) des centrales au fioul lourd portent une atteinte grave à la santé des espèces végétales, animales et humaine, qui font partie intégrantes de la Nature.
- Etc.

Il faut donc changer notre rapport à la nature, ne pas tenter de la dominer, mais la séduire et se laisser séduire par elle, comme dans une relation amoureuse.

Paul CASALONGA

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire